Etre bienveillant envers soi-même, Etre en paix avec soi-même

La journée contre les violences faites aux femmes.

Il y a deux ans, j’ai voulu écrire pour ce jour particulier. Car le 25 novembre, c’est la journée contre les violences faites aux femmes, notamment les violences conjugales. Si vous me suivez depuis un moment, vous savez à quel point ce sujet résonne en moi, pour avoir vécu tout ça. Il y a deux ans, j’ai souhaité mettre enfin tout cela par écrit, le partager publiquement. J’avais fait un article qui comptait beaucoup pour moi. Et puis, j’ai reçu des menaces de la part de la personne concernée et de son entourage. Ils me demandaient de tout retirer sous peine de porter plainte pour diffamation. Ils me disaient que je portais atteinte à leur famille avec mes mensonges. Alors, parce qu’à l’époque j’avais encore peur, j’ai modifié mon article, et j’ai effacé tout ce qui les concernait. Vous pouvez d’ailleurs le retrouver ici.

Et puis le temps est passé. J’ai cessé d’avoir peur, enfin. J’ai entendu des podcasts dans lesquelles les femmes libèrent leur parole et parlent de ce qu’elles ont vécu. Hier, plus de 50 000 personnes ont défilé à Paris pour faire entendre le problème des violences sexistes. Et j’ai eu envie de parler, moi aussi, sans craindre une quelconque menace. Parce que je n’ai plus envie d’être réduite au silence. Je parle si je veux.

Le déni des violences.

Il y a quelques temps, je suis tombée sur un reportage sur ce sujet. On y voyait un homme, au commissariat, devant s’expliquer pour des violences sur sa femme. Elle était hospitalisée, le bras cassé, les vêtements en sang. Devant les photos qu’on lui présentait, l’homme est resté de marbre. « Je n’ai rien fait. J’ai essayé de la calmer parce qu’elle se débattait ».

Et puis une phrase, prononcée pendant le reportage :  » Dans le cas de violences conjugales, le déni est la norme, l’aveu, une exception« .

Ca m’a tellement parlé… Car celui qui m’a frappée, celui qui m’a fait subir des violences psychologiques, a nié pendant des années et des années, pour finalement dire qu’il m’avait fait mal seulement parce que j’étais hystérique et qu’il voulait me calmer. Seulement, à ce moment là, j’étais on ne peut plus calme. Je me souviens des moindres secondes de cet épisode. Il m’a frappée, puis il a pris ma main en criant « vas-y, frappe moi, je sais que tu en as envie!! » J’ai dit non. Il voulait sans doute que je le fasse pour pouvoir dire que nous nous étions frappés mutuellement. Mais ce n’est pas arrivé.

J’ai pu mettre des mots sur tout cela des années après. Les violences psychologiques, évidemment pire que la violence physique qui elle, n’est arrivée qu’une seule fois. Mais aussi le viol conjugal. J’ai mis énormément de temps à utiliser ce terme, que je refusais tant je ne voulais pas le voir. Mais insister quand une personne a dit non plusieurs fois jusqu’à la faire céder, c’est du viol. Profiter de la faiblesse de quelqu’un qui vient d’avoir un accident de voiture, se glisser dans son lit alors qu’on lui a demandé de dormir dans une autre chambre parce qu’on est séparé, et insister pour avoir une relation sexuelle malgré les refus, c’est du viol. Profiter de la peur de l’autre pour la faire céder, c’est du viol. Et pouvoir dire ensuite « mais on s’aimait encore, la preuve, on faisait encore l’amour », c’est un mensonge. Ce n’est pas faire l’amour, c’est du viol.

Si j’écris tout cela aujourd’hui, c’est parce que nous sommes 225 000 chaque année à vivres des violences. Et je sais que dans ce nombre, beaucoup trop important, il y a des femmes qui refuseront de voir, qui minimiseront, soit parce qu’on les insitera à le faire, soit parce que c’est parfois extrêmement violent de mettre des mots.

La culpabilité est très forte, surtout si on est face à un manipulateur qui fait tout pour nous faire passer pour une menteuse ou nous fait croire que tout ce qui arrive est de notre faute.

Mais l’amour, ce n’est pas ça.

N’oubliez pas, aimer les autres c’est vouloir pour eux ce qu’ils veulent pour eux-mêmes et les soutenir dans tout ce qu’ils entreprennent pour vivre dans la joie. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème.

Un partenaire que vous aimez et qui vous aime, vous stimule et fait ressortir le meilleur de vous-mêmes. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème.

Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans l’ère du patriarcat. Alors, travaillons sur nous pour nous aimez suffisamment, nous respecter suffisamment pour ne plus jamais nous laisser nous manquer de respect.

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